Le syndic de copropriété
Le syndic exécute les décisions de l'assemblée générale et gère l'immeuble au nom du syndicat des copropriétaires. Toute copropriété en a un : un professionnel, un copropriétaire bénévole ou, en forme coopérative, un membre du conseil syndical. L'assemblée le désigne pour trois ans au plus, et peut en changer.
Qu'est-ce qu'un syndic de copropriété ?
Le syndic est l'organe qui exécute les décisions du syndicat des copropriétaires et administre l'immeuble au quotidien. La loi du 10 juillet 1965 sépare les rôles : les décisions sont prises en assemblée générale, et leur exécution est confiée à un syndic, placé éventuellement sous le contrôle d'un conseil syndical (article 17).
Aucune copropriété ne peut s'en passer : à défaut de nomination par l'assemblée, le président du tribunal judiciaire désigne le syndic (article 17). Celui-ci est seul responsable de sa gestion et ne peut pas se faire remplacer, sauf délégation à une fin précise votée par l'assemblée (article 18, IV). Pour le situer parmi les autres acteurs, voir la copropriété : définition et fonctionnement.
Syndic professionnel, bénévole ou coopératif
Une copropriété peut confier la fonction de syndic à un professionnel, à l'un de ses copropriétaires à titre non professionnel, ou s'organiser en syndicat coopératif. Les missions restent, pour l'essentiel, les mêmes.
| Forme | Qui peut l'être | Comment il est choisi |
|---|---|---|
| Syndic professionnel | Une personne physique ou morale titulaire d'une carte professionnelle, avec une garantie financière et une assurance de responsabilité civile professionnelle (loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, articles 1 et 3) | Désigné par l'assemblée générale, à la majorité de l'article 25 |
| Syndic bénévole | Seulement un copropriétaire d'un ou plusieurs lots de la copropriété qu'il gère (article 17-2) | Désigné par l'assemblée générale, à la majorité de l'article 25 |
| Syndicat coopératif | Un membre du conseil syndical, dont la constitution est alors obligatoire (article 17-1) | Élu par les membres du conseil syndical, parmi eux ; il préside de droit le conseil syndical |
Le syndic bénévole qui cesse d'être copropriétaire voit son mandat devenir caduc trois mois après (article 17-2). Le passage à la forme coopérative, ou son abandon, se vote à la majorité de l'article 25 (article 17-1).
Comment le syndic est désigné
Le syndic est désigné par l'assemblée générale, qui approuve en même temps son contrat, à la majorité de l'article 25 : celle des voix de tous les copropriétaires, présents ou non (article 29 du décret du 17 mars 1967). Si le projet n'obtient pas cette majorité mais recueille au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, l'assemblée peut voter aussitôt une seconde fois, à la majorité de l'article 24 (article 25-1).
Le mandat ne peut excéder trois ans (article 28 du décret). Il est limité à un an si le syndic ou ses proches ont participé à la construction de l'immeuble, pendant les dix ans qui suivent la réception des travaux. Le même syndic peut être redésigné, dans les mêmes limites.
La mise en concurrence des contrats
Avant l'assemblée qui désigne le syndic, le conseil syndical met en concurrence plusieurs projets de contrats, établis selon le contrat type et accompagnés de leur fiche d'information sur le prix et les prestations (article 21). L'assemblée générale peut l'en dispenser, à la majorité de l'article 25 ; sans conseil syndical, elle n'est pas obligatoire. L'assemblée générale et ses majorités en détail.
Le contrat de syndic
Le contrat de syndic suit obligatoirement un contrat type, qui sépare la gestion courante, payée au forfait, des prestations particulières, payées en plus (article 18-1 A). Le contrat type et la liste limitative de ces prestations sont annexés au décret de 1967 (article 29 du décret). Ce que le syndic peut facturer :
- la gestion courante est payée par une rémunération forfaitaire ;
- seules les prestations particulières de la liste du décret peuvent s'y ajouter ;
- des honoraires sur travaux, en pourcentage dégressif de leur montant hors taxes, se votent en même temps que ces travaux ;
- une prestation étrangère à la mission de syndic exige une convention distincte, autorisée au préalable par l'assemblée.
Les missions du syndic
Les missions du syndic, fixées par l'article 18 de la loi, sont d'exécuter le règlement et les décisions de l'assemblée, de conserver l'immeuble, de tenir les comptes et de représenter le syndicat.
Administrer et entretenir l'immeuble
- assurer l'exécution du règlement de copropriété et des décisions de l'assemblée générale ;
- administrer l'immeuble, le conserver, le garder et l'entretenir ; en cas d'urgence, faire procéder de sa propre initiative aux travaux nécessaires à sa sauvegarde ;
- tenir à jour le carnet d'entretien de l'immeuble et le mettre à la disposition des copropriétaires ;
- assurer la conservation des archives du syndicat ;
- immatriculer le syndicat au registre national des copropriétés et en tenir les données à jour, sous peine d'astreinte.
Tenir le budget et les comptes
Le syndic établit le budget prévisionnel, en concertation avec le conseil syndical, et les comptes, qu'il soumet au vote de l'assemblée. Les fonds sont déposés sur un compte bancaire séparé, au nom du syndicat, dont les intérêts reviennent au syndicat et dont le conseil syndical reçoit copie des relevés ; sans ce compte, le mandat du syndic est nul de plein droit au bout de trois mois (article 18, II). Avant l'assemblée qui examine les comptes, il tient les pièces justificatives des charges à la disposition des copropriétaires (article 18-1). Comment les charges se répartissent.
Représenter le syndicat et informer
Le syndic représente le syndicat dans tous les actes civils et en justice. Il informe les occupants de l'immeuble des décisions de l'assemblée générale. Un syndic professionnel doit en outre proposer un accès en ligne sécurisé aux documents dématérialisés de la copropriété, sauf décision contraire de l'assemblée à la majorité de l'article 25 (article 18) ; ces documents sont actualisés au moins une fois par an (article 33-1-1 du décret).
Le contrôle par le conseil syndical
Le conseil syndical assiste le syndic et contrôle sa gestion (article 21). Il peut, à sa demande et après en avoir avisé le syndic, prendre connaissance et copie de toutes pièces ou documents ; si le syndic ne les lui remet pas dans un délai d'un mois, des pénalités par jour de retard sont déduites de sa rémunération forfaitaire. C'est aussi lui qui met en concurrence les contrats avant la désignation du syndic. Le rôle du conseil syndical en détail.
Sur co-propriete.fr, les habitants signalent, et le conseil syndical et le syndic suivent chaque sujet jusqu'à sa fin. L'espace complète l'extranet légal du syndic, sans le remplacer.
Changer de syndic
On change de syndic en désignant un nouveau syndic en assemblée générale, soit au terme du contrat, soit en cours de mandat. Dans les deux cas, l'ancien syndic doit ensuite transmettre fonds, comptes et archives.
À la fin du contrat
Quand le syndicat ou le syndic ne souhaite pas poursuivre, il peut être mis fin au contrat sans indemnité : la désignation d'un nouveau syndic est inscrite à l'ordre du jour d'une assemblée tenue dans les trois mois qui précèdent le terme. Cette assemblée fixe la date de fin du contrat en cours et celle de prise d'effet du nouveau, au plus tôt un jour franc après la réunion (article 18, VII).
En cours de mandat
L'assemblée générale peut révoquer le syndic, à la majorité de l'article 25 (article 25, c). Le contrat peut aussi être résilié en cas d'inexécution suffisamment grave (article 18, VIII) : le conseil syndical notifie au syndic une demande motivée d'inscription de la question à l'ordre du jour, en précisant les manquements reprochés. L'assemblée fixe la date de la résiliation, au plus tôt un jour franc après la réunion, et peut désigner le nouveau syndic à la même séance.
La transmission au nouveau syndic
L'ancien syndic remet au nouveau (article 18-2) :
- dans les quinze jours, la situation de trésorerie et les références des comptes bancaires ;
- dans le mois, les documents et archives du syndicat, y compris dématérialisés ;
- dans les deux mois suivant ce délai, l'état des comptes des copropriétaires et du syndicat, après apurement et clôture.
À défaut, après une mise en demeure restée sans effet, le nouveau syndic ou le président du conseil syndical peut saisir le juge des référés.
Questions fréquentes
Questions fréquentes sur le syndic de copropriété, avec leur réponse et l'article qui la fonde.
Combien de temps dure le mandat d'un syndic de copropriété ?
Le mandat d'un syndic de copropriété dure trois ans au plus (article 28 du décret du 17 mars 1967). Il peut être renouvelé par une nouvelle désignation en assemblée générale.
Un copropriétaire peut-il être syndic bénévole ?
Oui : un syndic bénévole doit même être copropriétaire d'au moins un lot de la copropriété qu'il gère (article 17-2). Il est désigné par l'assemblée générale et exerce les mêmes missions qu'un professionnel.
Le syndic peut-il faire des travaux sans vote de l'assemblée générale ?
Le syndic peut engager de sa propre initiative les travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble en cas d'urgence (article 18). Les autres travaux sur les parties communes sont votés par l'assemblée générale.
Comment révoquer un syndic de copropriété ?
La révocation d'un syndic de copropriété se vote en assemblée générale, à la majorité de l'article 25, qui peut désigner son successeur à la même séance.
Que doit remettre l'ancien syndic au nouveau ?
L'ancien syndic remet au nouveau la trésorerie dans les quinze jours, les archives dans le mois, puis l'état des comptes dans les deux mois suivants (article 18-2).
Aller plus loin
Le reste du guide de la copropriété, avec les articles qui le fondent.
- La copropriété Définition, parties communes, acteurs, majorités
- Le conseil syndical Rôle, membres, président, délégations
- L'assemblée générale Convocation, votes, majorités, procès-verbal
- Tantièmes et charges Calcul, répartition, budget, provisions
Sources
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, Légifrance
- Décret n° 67-223 du 17 mars 1967 pris pour l'application de la loi du 10 juillet 1965, Légifrance
- Loi n° 70-9 du 2 janvier 1970 réglementant les conditions d'exercice des activités relatives à certaines opérations portant sur les immeubles et les fonds de commerce, Légifrance
Ce guide informe sur les règles générales ; il ne remplace pas le conseil d'un professionnel du droit pour une situation particulière, ni la lecture du règlement et du contrat de syndic de votre copropriété.
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